Ce sixième brassin est une collab’ ! C’est aussi l’objectif de mes petits ateliers de brassage : proposer aux brasseurs pro des brassins de tests pour leurs futures créations. Aujourd’hui, on reçoit Luan de la Brasserie des 7 Bonnettes et Emilien, l’apiculteur et gérant d’Abeilles Protect 62 pour une bière au miel, évidemment !
La recette de cette blonde au miel
Recette pour 25L de bière au final :
- Eau : 22L à l’empâtage + 9L au rinçage + 7L après ébullition
- Malts : 5kg Pilsen / 0,4kg Pale Ale / 0,4kg Biscuit / 0,4kg Munich Light
- Houblons : Northern Brewer (32g) / Hallertau Muttelfrüh (48g)
- Levure : 14g de SafAle S-04
- Miel toutes fleurs : 1,5kg après la fermentation primaire
- Sucre en poudre pour le resucrage avant mise en bouteille : 197g (7,7gr/L)
Densité initiale mesurée : 1050
Densité finale mesurée : 1013
Atténuation : 74%
Taux d’alcool final de la bière (après ajout de miel et resucrage) : 7,3%
Le brassage
Les malts concassés et les houblons ont été fournis par Luan de la Brasserie des 7 Bonnettes (à droite). Le miel a été ramené par Emilien d’Abeilles Protect 62 (à gauche).

Je me suis occupé de fournir la levure, l’eau et de mettre à disposition le matériel pour un brassage à huit mains 😀 On ne va pas vous refaire tout le processus, je vais plutôt insister sur les particularités de ce brassin. Aujourd’hui, l’empâtage prendra 1h30 contre 1h d’habitude. L’ébullition aussi prendra 1h30.

En fin d’ébullition, la densité étant trop élevée (1065), le brasseur décide d’ajouter 7L d’eau pour atteindre la densité attendue (1050). Le volume d’alcool cible de cette bière est de 5,0% avant ajout du miel qui relancera la fermentation, et qui augmentera donc le degré d’alcool.
Pour l’entonnement et le rangement du matériel, je note les conseils du brasseur :
- L’entrée d’eau de l’échangeur à plaques est à mettre en bas, pour qu’un maximum d’eau froide soit en contact avec les plaques internes. Le refroidissement est amélioré.
- En fin de brassage, un nettoyage du matériel est obligatoire, mais pas une désinfection. La désinfection se fera juste avant le prochain brassin.
La fermentation
Sur cette recette, la particularité est qu’il faut incorporer le miel après la fermentation primaire (généralement 48h après l’ensemencement). C’était sans compter la levure un peu fainéante qui a mis 3 jours à se mettre sérieusement au travail.

Une semaine après le brassage, on prépare le miel pour l’ajouter dans le fermenteur. Un sirop est préparé avec 1L d’eau portée à 80°C et les 3 pots de 500g de miel toutes fleurs. Ensuite, direction le fermenteur, via le trou du barboteur. On désinfecte bien l’entonnoir au préalable et autour de l’ouverture du fermenteur et on verse le miel. Et on laisse tout ça tranquille encore pour 3 semaines !
L’embouteillage
Pile un mois après le début de la fermentation, il est temps de mettre en bouteilles. Un peu d’aide pour embouteiller, ça ne se refuse pas ! Aujourd’hui, c’est un embouteillage assez classique, avec un peu plus de bouteilles à préparer que d’habitude, vu le volume (25 litres).

Au programme : nettoyage et désinfection des bouteilles et du seau de resucrage, préparation du sirop de sucre pour le resucrage, soutirage dans le seau, embouteillage et capsulage. On terminera l’opération avec 33 bouteilles de 75cl et une bouteille de 33cl.
La Blonde du Rucher
Cette bière blonde au miel est donc un prototype pour le quatrième brassin éphémère de B7B. Emilien d’Abeilles Protect 62 fournira ensuite le miel nécessaire pour un brassin de 500 litres.
L’étiquette
Un peu de nouveauté sur cette étiquette de collab’. Sous mon logo, j’ai pu intégrer les logos des personnes qui ont participé au brassin, sous un ✕ qui sert à faire le lien entre les brasseries qui collaborent.

NB : Ça n’est pas l’étiquette finale de la bière qui sera commercialisée, c’est juste l’étiquette de ce brassin amateur.
La dégustation
Le nez est sur le miel quelque peu pollué par des esters de levure indésirables (stress des levures). À l’oeil, on a une robe trouble d’un blond foncé, presque orangé. La mousse est blanche et fine, d’une persistance moyenne.

En bouche, c’est le miel qui s’exprime et qui masque la base maltée. Le corps est moyen, l’amertume modérée, la pétillance agréable. On ressent la sucrosité résiduelle due au miel. La finale est sur les esters de levure, avec un miel bien présent.
Les améliorations à apporter
Pour moi, le miel est trop dominant dans cette proportion. Il faudrait en diminuer la quantité dans la recette finale. La levure semblait un peu fatiguée, et la fermentation s’est faite à des températures un peu trop basses la nuit. Ceci a probablement provoqué un stress des levure, et des esters pas vraiment voulus.

On me dit dans l’oreillette que ça pourrait être finalement du miel de châtaigner dans la recette finale… Ce qui pourrait changer complètement les malts à utiliser. Le miel de châtaigner s’accorderait mieux avec une recette d’ambrée.
Ce que je retiens de cette première collab’
Prendre le temps de brasser avec un autre brasseur, c’est avant tout apprendre des techniques de l’autre. C’est aussi corriger ce qu’on fait d’habitude et qu’on ne devrait pas faire. Ça permet de gagner du temps sur les prochains brassins, et de s’améliorer sur la qualité des bières produites.
C’était une très bonne expérience, à renouveler avec un ou une autre brasseur/brasseuse pro ou amateur. N’hésitez pas à me contacter si vous avez un samedi de libre pour brasser un prototype de bière !